Ricardo Sanféliz

De Wiki Pimpf
Aller à la navigation Aller à la recherche
RICARDO SANFÉLIZ PERMANYER
Dessinateur
Naissance 17 avril 1921
Décès 23 août 1989
Pseudonyme SANFÉLIZ
Ricardo Sanféliz Permanyer (Larache, Maroc, 17 avril 1921 - Barcelone, Espagne, 23 août 1989)  Peintre et illustrateur espagnol.
Ricardo Sanféliz avait la particularité d'être militaire de carrière tout en collaborant avec l'agence barcelonaise Selecciones Ilustradas durant son temps libre, se consacrant uniquement à la réalisation de couvertures pour des bandes dessinées et des romans.

Biographie

Ricardo Sanféliz naît à Larache, chef-lieu de la province du même nom, dans la partie Nord du protectorat espagnol au Maroc (zone d'influence de l'Espagne au Maroc de 1912 à 1956). Sa famille étant d'une longue tradition militaire, c'est tout naturellement qu'il fait sa scolarité à l'Académie Générale Militaire de Saragosse (Academia General Militar) dont le directeur fut, de 1927 à 1931, un certain général Franco… Si le jeune Ricardo se sent à l'aise dans l'univers militaire au point de vouloir y faire carrière, il développe en même temps une passion pour le dessin et la peinture, et, très tôt, il se met à dessiner sans avoir eu de formation artistique.

Son coup de crayon d'autodidacte s'affirme suffisamment pour que dès 1939, alors qu'il avait à peine 18 ans, il soit engagé par un jeune éditeur de Barcelone, Editorial Molino, maison créée en 1932, qui lui confie l'illustration de romans juvéniles.

À sa sortie de l'académie, il fut un temps inspiré par les chevaux et leurs cavaliers, les côtoyant quasi quotidiennement, développant un réalisme des postures qui s'éloignait des figures triomphantes et guindées habituellement vues sur des toiles de cavalerie.

Militaire et peintre

L'évolution de sa carrière militaire le fit revenir en Afrique du Nord, alors qu'il est muté au sein de la Dirección General de Promoción de Sahara, anciennement la Dirección General de Marruecos y Colonias, département gouvernemental chargé de l'administration des colonies que l'Espagne possédait en Afrique. N'abandonnant pas le dessin, il s'inspire des paysages désertiques et de la vie des nomades, enrichis des rouges et ocres des couchers de soleil et des bleus de ses ciels sans nuages… Il fera deux expositions de peintures à Madrid durant lesquelles il parviendra à trouver acquéreur de presque toutes ses toiles.

Puis, basé à Ceuta, ville et enclave espagnole sur la côte Nord de l'Afrique ayant une frontière directe avec le Maroc, il commence à dessiner des fantassins, et aussi des chars, des camions et du matériel de guerre. Pour ce faire, il va cumuler recherches et documentations sur l'Histoire militaire de son pays. C'est ainsi qu'il devient un collaborateur régulier du magazine officiel de l'armée espagnole, "Ejército", pour lequel il continuera à dessiner tout au long de sa carrière. Créé en 1940, le magazine paraît toujours.

Quand il entre à l'Escuela de Estado Mayor (école d'état-major militaire), le temps qu'il consacre à la peinture diminue, ce qui ne l'empêche pourtant pas de remporter divers concours, dont ceux organisés par la ville de Barcelone et par le musée militaire du château de Montjuïc. C'est ce qui fera la spécificité de l'homme : à la fois militaire et artiste, sans privilégier l'une des deux vocations.

Militaire et illustrateur populaire

En sortant diplômé de l'école d'état-major, il est engagé comme illustrateur pour le quotidien "ABC", journal fondé à Madrid en 1903, marchant ainsi sur les traces de son oncle Federico Xaudaró, qui fut l'un des caricaturistes populaires du même journal. Il profite d'être à Barcelone pour proposer ses illustrations aux éditions Toray qui les éditent pour ses titres "Hazañas Bélicas" et "Relatos de Guerra". Il frappe aussi à la porte de l'agende de Josep Toutain qui dirige l'agence internationale Selecciones Ilustradas. Ce dernier, après un premier entretien, le rappelle quelques semaines plus tard pour l'intégrer à son équipe : à ce moment-là, ce sont les années 1960, l'agence n'a que quelques années d'existence, la plupart des dessinateurs représentés par Toutain a une vingtaine d'années et ils sont parfois un peu dissipés, tandis que Sanféliz contraste en apportant son expérience de militaire quarantenaire.
C'est ainsi que son travail va s'exporter. De son propre aveu peu doué pour la bande dessinée, il ne va réaliser que des illustrations de couvertures à la demande de Toutain, et celles-ci vont apparaitre sur des titres Artima en France, en Italie sur des couvertures de l'hebdomadaire "Corriere dei Piccoli", et surtout en Grande-Bretagne, via le titre "Commando" de D. C. Thomson (une quarantaine entre 1963 et 1986) ou les publications de guerre Fleetway. Certaines de celles parues outre-Manche seront réutilisées en France par Impéria essentiellement pour son titre "Rapaces".

Ci-dessous quelques couvertures "Commando" de l'auteur.

L'après bande dessinée

Le déclin des ventes de bandes dessinées petit format ne met pas un frein à sa carrière d'illustrateur. Il reçoit une commande pour illustrer une collection de timbres à l'occasion des jeux olympiques de 1968 se déroulant au Mexique.

La direction générale espagnole des postes avait connu un grand succès avec l'émission de timbres thématiques (peintres ibériques, monuments, époque des conquistadors, costumes traditionnels… ). En 1973, elle décide de lancer une série dédiée aux uniformes de l'armée espagnole. Elle confie cette tâche à Sanféliz, devenu colonel, et alors réputé pour son travail. Il va ainsi créer 45 illustrations jusqu'en 1978. Chaque timbre sera tiré à 8 millions d'exemplaires.


Le peintre a diversifié les supports pour ses créations, puisqu'en plus des couvertures, des toiles et des timbres, il sera imprimé sur des cartes postales et des assiettes.

Le style classique, réaliste et militaire de Sanféliz le fera comparer à des peintres français tels que Ernest Meissonier (1815-1891), Édouard Detaille (1848-1912), ou encore Alphonse de Neuville (1835-1885), auteur de la fameuse toile Les Dernières cartouches.

Le dernier travail publié de l'artiste sera l'ouvrage Tres siglos de caballería española (Trois siècles de cavalerie espagnole) publié en 1978.


Militaire retraité, il continuera à peindre, principalement à la gouache, pour le plaisir, exposant et vendant régulièrement ses toiles, au Museo del Ejército (Musée de l'Armée, à Tolède) et à l'ancienne galerie réputée barcelonaise Griffé & Escoda.

Ricardo Sanféliz Permanyer décède le 23 août 1989, à l'âge de 68 ans, à l'hôpital militaire de Barcelone. Il était marié et avait quatre filles et trois fils.

Essai de bibliographie française

Lien externe

Auteur de l'article

  • Pak : création et rédaction