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Un ''' « petit format »''' est un fascicule de bande dessinée vendu à bon marché en kiosques et édité dans un format de poche (en général 13 x 18 cm), le plus souvent en noir et blanc.
== Historique ==
== Historique ==
=== Les origines ===
=== Les origines ===

Version du 1 février 2008 à 23:06

Un « petit format » est un fascicule de bande dessinée vendu à bon marché en kiosques et édité dans un format de poche (en général 13 x 18 cm), le plus souvent en noir et blanc.

Historique

Les origines

Le premier « petit format » a été publié en avril 1949 par les éditions Vaillant, il s'intitulait 34 parce qu'il comptait 34 pages. Par la suite, son nom est devenu 34 Camera, puis Camera. Bien que Vaillant fût le précurseur de ce type de revues, il n'exploita pas le 'filon', bien au contraire. 34 demeura le seul petit format de l'éditeur.

A cette époque, les illustrés étaient soit au format journal avec des histoires à suivre (Journal de Mickey, Spirou, Mon Journal etc.), soit au format à la Française plus petit avec des récits complets. A tel point que ce terme est devenu leur nom générique. Les principaux éditeurs de l'époque avaient les leurs : Fantax chez Chott, Diavolo, Brik ou Yak chez Aventures & Voyages, Rodéo ou Plutos chez Lug, Monde Futur ou Sidéral chez Artima etc.

C'est Impéria qui décida de s'engouffrer dans la brèche avec Superboy (qui n'a rien à voir avec Superman jeune). Au début, comme 34, la bande dessinée n'y était pas majoritaire et le rédactionnel y avait la part belle, mais le succès de la formule fit des émules parmi la concurrence. Lug, Aventures & Voyages, Impéria passent toute leur production à ce format plus pratique pour les jeunes. Surtout que l'époque vouait les illustrés aux gémonies et qu'il fallait le plus souvent les lire en cachette.

L'« âge d'or »

Les années 50 virent la transition des Récits Complets aux Petits Formats. Ceux-ci connurent leur apogée durant les deux décennies suivantes. Le terme "Petit Format" n'était pas utilisé à l'époque: on parlait alors d'illustrés. Aujourd'hui, on utilise fréquemment son acronyme : PF.

Les kiosques de l'époque regorgeaient de ces revues aux couvertures d'autant plus bariolées que le contenu était en noir et blanc: on y trouva plus de cinquante fascicules différents. Les enfants dévoraient ces illustrés malgré la réprobation (voire l'interdiction) des adultes. Certaines vedettes évoquent même ces lectures un peu honteuses, comme Eddy Mitchell ou l'humoriste Jamel au détour d'une interview. Dans Héros de papier, l'écrivain Guy Darol raconte l'influence des petits formats dans sa formation littéraire. Aujourd'hui encore, quelques noms restent dans l'inconscient collectif, comme Akim, Zembla, Blek, Capt'ain Swing, Tartine ou Pépito.

Les tirages étaient exceptionnels et feraient rêver n'importe quel éditeur actuel. Akim ou Capt'ain Swing tirait à plus de 200 000 exemplaires chaque mois, Rodéo, Blek ou Zembla n'étaient pas loin non plus. Si on cumule sur une année avec le nombre de fascicules vendus, cela représentait des dizaines de millions de bandes dessinées vendues.

Les éditeurs firent d'abord travailler des auteurs français avant de se tourner rapidement vers la main d'œuvre italienne ou espagnole moins chère ou vers des importations de bandes étrangères. Là encore, l'Italie et l'Espagne se taillèrent la part du lion, mais l'Angleterre y tint une bonne place également.

Malgré ce succès, ou peut-être à cause de lui, ce genre de bande dessinée fut toujours méprisé par les critiques et spécialistes de la bande dessinée. Gérard Thomassian fut l'un des premiers à étudier le genre sérieusement et avec beaucoup de minutie. Henri Filipini intégra systématiquement les PF au sein de ses différents dictionnaires ou encyclopédies de bande dessinée. Ces deux personnes font néanmoins figure d'exception.

La fin ?

Les années 80 marquèrent le long déclin de ce type de bande dessinée. Jeunesse et Vacances s'arrêta en 1981 tandis qu'Impéria ne publiait quasiment plus que des rééditions et que Lug s'orientait vers les super-héros de Marvel. Les autres éditeurs supprimaient régulièrement les revues les moins rentables et les kiosques virent disparaître ces bande dessinée de poche. En 1991, Aventures & Voyages ferme boutique. Il ne reste plus alors que Semic qui a repris l'activité de Lug, mais seulement pour quelques revues : Rodéo, Spécial Rodéo, Kiwi et Spécial Zembla.

En 1994, Mon Journal Multimédias relance Akim et Capt'ain Swing en rééditant ses anciens fascicules. En 2000, il y aura même une éphémère tentative de relancer Ivanhoé qui ne durera que le temps de 10 numéros.

Chez Sémic aussi, une nouvelle génération nourrie aux PF (et aux comics) s'y essaya sans succès. Thierry Mornet et sa bande relancèrent Fantask, puis Yuma en vain. En décembre 2003, le non-renouvellement des droits de publication des personnages Bonelli (Tex, Zagor, Martin Mystère etc.) scella définitivement le sort des pockets de l'éditeur. En mars 2004, c'est le nouveau Akim qui cesse sa parution après 120 numéros.

Aujourd'hui, seul subsiste Capt'ain Swing chez Mon Journal rééditant d'anciennes aventures du personnage. Pour combien de temps ?

Quand on demande l'origine de cette désaffection, les principaux arguments sont l'omniprésence de la télévision et des jeux vidéos, mais aussi le format désuet et le noir et blanc qui ne plaît plus aux jeunes lecteurs.

Paradoxalement, le style de bande dessinée qui a le vent en poupe est le manga qui parait en format de poche et en noir et blanc. Ces deux caractéristiques étant même présentées comme des atouts par les spécialistes des mangas.

Contenu

Si à l'origine, les PF contenaient essentiellement de la création française, la situation a rapidement évolué vers une importation massive de bandes étrangères en provenance d'Italie, d'Espagne, des USA ou d'Angleterre (principalement).

L'Italie et les Fumetti

Fumetti est le nom donné en Italie aux bandes dessinées. Fumetti signifie fumée en référence à l'aspect des bulles servant à faire parler les personnages. L'Italie fut incontestablement le plus gros pourvoyeur des revues petit format. Si en Italie, le format poche existe (Alan Ford ou Diabolik par exemple), la plupart des revues sont d'abord sorties dans les annéés 1950 et 1960 au format a strisce plus connu sous le nom de format à l'italienne avec une seule bande de dessin qu'il a fallu remonter pour constituer des pages plus classiques. Il existe aussi, du 1958, un format appelé Bonelli du nom de l'éditeur qui l'a imposé. Plus grand qu'un PF classique, il est de 16x21 cm. La plupart des éditeurs décidant de reproduire les planches en les réduisant légèrement. Si l'Italie semble connaître aussi une crise, la bande dessinée de kiosques y est encore florissante, au détriment du marché des albums qui y est encore embryonnaire.

Grande-Bretagne

La Grande-Bretagne fut l'autre grand marché d'importation pour les PF. Et ce, à travers les deux grands éditeurs du pays : Fleetway et DC Thomson. Là bas aussi, le format de poche existe, mais il est minoritaire, réservé à des revues de guerre notamment comme War que l'on retrouvera principalement chez Impéria en France. Le reste de la production se fait au format journal avec un papier à l'avenant. On y trouve les principales revues pourvoyeuses des PF : Valiant, Lion, Tiger, Eagle, Battle, Buster etc.

Leur passage au petit format nécessitait alors un remontage complet des planches et parfois même de redessiner une partie des cases remontées. C'est d'ailleurs pour cette raison que Lug n'utilisa pas de matériel britanniques dans ses revues.

Espagne : les Tebeos

Dans ce pays, la bande dessinée populaire prend le nom de tebeo qui est tiré de la première grande revue de bande dessinée locale : TBO. L'Espagne sera une grande productrice de bande dessinée dans les années 50-60 avec de multiples revues que l'on retrouvera en PF. Leur format intermédiaire (24 x 19 cm) étant assez facilement adaptable.

La fin du Franquisme marquera une rupture assez nette avec l'apport de bandes dessinées extérieure et plus de liberté dans la création, ce qui marquera la fin de la plupart des Tebeo au profit d'une bande dessinée plus inventive et diversifiée. Les grands personnages ibériques sont Capitan Trueno, El Jabato, El guerreiro del Antifaz dans le genre réaliste et Mortadelo y Filemon en humoristique. Ces quatre bandes étant publiés chez Aventures & Voyages.

Les autres

Les USA ont aussi exportés beaucoup de bandes en France, mais la commission de censure n'était pas très accueillante ce qui en a limité la portée. Il a fallu attendre la fin des années 60, mais surtout les années 70-80 pour voir l'arrivée massive des comics (nom de la bande dessinée aux États Unis) dans notre pays avec Lug, mais aussi Arédit-Artima.

Les autres pays n'ont eu que des miettes. L'Allemagne nous a envoyé quelques bandes comme Tibor de Hans-Rudi Wäscher ou Perry le fantastique, mais cela reste marginal. Les Pays-Bas aussi, même si l'on retiendra la version de Archie le robot signée Bert Bus ou quelques personnages comme Tom Pouce de Marten Toonder.

Censure

La commission de Censure et la loi de 1949 concernant les publications pour la jeunesse sont indissociables de l'Histoire des PF. De nombreuses revues cessèrent leurs publications à cause d'elles (Fantax, Strange, Fantask ainsi que de multiples fascicules Elvifrance etc.) et l'ensemble de la production s'auto-censura de façon drastique pour éviter tout problème avec cette fameuse commission.

De nombreux amateurs de bande dessinées ont en tête des exemples de censure plus ou moins aberrantes comme celle qui décida de la mort de Fantask sous le prétexte (fallacieux ?) de couleurs trop vives pour les yeux des jeunes enfants. Il faut savoir que les décisions de cette commission n'était pas seulement dictées par le bien-être de nos chères têtes blondes. Il y avait aussi des considérations plus politiques tendant à censurer les parutions d'origine étrangères et plus particulièrement celles en provenance des USA. Protectionnisme ou anti-américanisme ? La réponse n'est pas aisée, mais le résultat fut que de nombreuses histoires furent charcutées pour passer entre les mailles du filet de la Censure. Chez Lug, un studio complet de retoucheurs y travaillait à plein temps. C'est aussi grâce à cela que Jean-Yves Mitton et Ciro Tota démarrèrent leurs carrières.